Réglementation
Loi Le Meur : ce qui change pour vous
Votée le 19 novembre 2024, la loi Le Meur a durci les règles de la location de meublés de tourisme : fiscalité moins avantageuse, performance énergétique, enregistrement national, nouveaux pouvoirs pour les maires et les copropriétés. Voici chaque mesure, sa date d'application et ce qu'elle change pour vous.
La réponse en bref
- Impôts (revenus 2025) : abattement micro-BIC ramené à 30 % jusqu'à 15 000 € pour un meublé non classé, à 50 % jusqu'à 77 700 € pour un meublé classé.
- DPE : A à E pour obtenir une autorisation de changement d'usage, puis A à D pour tous les meublés de tourisme en 2034, sauf résidence principale.
- Enregistrement : obligatoire pour tous sur un téléservice national, dont la mise en service est annoncée pour le quatrième trimestre 2026.
- Résidence principale : 120 jours de location par an, que la commune peut ramener à 90 depuis le 1er janvier 2025.
- Communes et copropriétés : quotas, zones réservées aux résidences principales, interdiction votée aux deux tiers en copropriété.
Pourquoi cette loi ?
Officiellement intitulée « loi visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale » (n° 2024-1039 du 19 novembre 2024), elle porte le nom de l'une de ses auteurs, la députée Annaïg Le Meur. Son but : freiner la transformation de logements à l'année en locations touristiques dans les villes et les régions où les habitants peinent à se loger. Elle agit sur trois leviers : l'avantage fiscal, les exigences sur le logement et les pouvoirs des maires.
Le calendrier des mesures
| Date | Ce qui s'applique |
|---|---|
| 21 novembre 2024 | Changement d'usage élargi, DPE A à E pour les nouvelles autorisations, règles de copropriété, amendes renforcées |
| 1er janvier 2025 | Possibilité pour les communes d'abaisser à 90 jours la location d'une résidence principale |
| Revenus 2025, déclarés en 2026 | Nouveaux abattements et plafonds du micro-BIC |
| 20 mai 2026 au plus tard | Enregistrement obligatoire de tous les meublés de tourisme sur le téléservice national (en pratique, quatrième trimestre 2026) |
| 1er janvier 2034 | DPE A à D pour tous les meublés de tourisme, sauf résidence principale |
Fiscalité : un abattement plus faible
C'est la mesure qui touche le plus de loueurs. Au régime micro-BIC, l'abattement pour frais baisse fortement à partir des revenus perçus en 2025 :
| Type de logement | Abattement | Recettes maximales au micro-BIC |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme non classé | 30 % | 15 000 € |
| Meublé de tourisme classé, chambre d'hôtes | 50 % (contre 71 % auparavant) | 77 700 € |
Le bonus de 21 points qui existait pour les meublés classés situés hors zone tendue disparaît aussi. Concrètement, pour 12 000 € de recettes d'un meublé non classé, le revenu imposable est de 8 400 €, contre 6 000 € avec un abattement de 50 %. Au-delà de 15 000 € de recettes, un meublé non classé relève obligatoirement du régime réel. Voir le micro-BIC du meublé de tourisme et les impôts de la location courte durée.
Faire classer son logement redonne un abattement de 50 % : c'est souvent la première chose à étudier. Voir le classement en meublé de tourisme.
Le DPE entre dans la location touristique
Jusqu'ici, un meublé de tourisme pouvait être loué quel que soit son DPE. La loi aligne progressivement ses exigences sur celles d'un logement loué à l'année :
- depuis le 21 novembre 2024, une autorisation de changement d'usage n'est accordée qu'à un logement classé de A à E en métropole ;
- à partir du 1er janvier 2034, tous les meublés de tourisme devront être classés de A à D, sauf la résidence principale du loueur.
Le maire peut exiger un DPE valide, à fournir sous deux mois, sous peine d'une astreinte de 100 € par jour de retard. Louer un logement qui n'atteint pas le niveau requis expose à une amende administrative de 5 000 € au plus. Voir le DPE en location courte durée.
L'enregistrement de tous les meublés
La loi remplace la mosaïque des procédures communales par un enregistrement unique, sur un téléservice national, qui attribue un numéro à chaque logement. La déclaration doit indiquer si le logement est votre résidence principale, avec un justificatif comme l'avis d'imposition. Les plateformes doivent retirer les annonces sans numéro.
La loi fixe cette obligation au plus tard au 20 mai 2026, mais le téléservice n'est pas encore ouvert : la direction générale des entreprises annonce sa mise en service pour le quatrième trimestre 2026. Les loueurs qui ont déjà un numéro délivré par leur commune auront plusieurs mois pour le renouveler. D'ici là, on continue d'appliquer la procédure de sa commune. La démarche : déclarer son meublé de tourisme.
De nouveaux pouvoirs pour les maires
- 90 jours pour une résidence principale : le plafond national reste de 120 jours de location par an, mais la commune peut le ramener jusqu'à 90 jours par une délibération motivée.
- Le changement d'usage partout où c'est utile : toute commune en zone tendue peut soumettre à autorisation la transformation d'un logement en meublé de tourisme, par simple délibération ; les autres communes le peuvent aussi, avec une délibération motivée. Voir le changement d'usage.
- Des quotas : la commune peut fixer, par quartier, un nombre maximal d'autorisations temporaires.
- Des zones réservées aux résidences principales : dans le plan local d'urbanisme, pour les constructions neuves, dans les communes en zone tendue ou qui comptent plus de 20 % de résidences secondaires.
- Des contrôles : le maire peut suspendre un numéro d'enregistrement et demander aux plateformes de retirer une annonce.
En copropriété
Les copropriétés obtiennent deux outils :
- interdire la location en meublé de tourisme des lots qui ne sont pas des résidences principales, à la majorité des deux tiers des voix, et non plus à l'unanimité, lorsque le règlement interdit déjà les activités commerciales dans ces lots ;
- être informées : le copropriétaire qui déclare un meublé de tourisme doit en informer le syndic, et le sujet est inscrit à l'ordre du jour de l'assemblée générale suivante.
Les règlements établis depuis le 21 novembre 2024 doivent dire explicitement si la location touristique est autorisée. Voir louer en courte durée en copropriété.
Des amendes beaucoup plus lourdes
| Manquement | Amende maximale |
|---|---|
| Absence de déclaration | 10 000 € |
| Fausse déclaration, faux numéro d'enregistrement | 20 000 € |
| Résidence principale louée au-delà du plafond de jours | 15 000 € |
| Changement d'usage sans autorisation | 100 000 € par logement (amende civile) |
| DPE non fourni au maire dans les deux mois | astreinte de 100 € par jour |
| Logement loué sous le niveau de DPE exigé | 5 000 € |
Ce qu'il faut faire maintenant
- Vérifiez la procédure de votre commune : déclaration simple, enregistrement, autorisation de changement d'usage, plafond de jours.
- Faites ou refaites votre DPE si le logement n'est pas votre résidence principale, et planifiez les travaux s'il est classé F ou G.
- Refaites vos calculs avec le nouvel abattement, et comparez avec le régime réel et le classement.
- Relisez le règlement de copropriété et informez le syndic.
- Préparez l'enregistrement national dès l'ouverture du téléservice, fin 2026.
Si ces nouvelles règles changent l'équation, la location à l'année peut redevenir plus intéressante : voir courte durée ou location à l'année.
Questions fréquentes
La loi Le Meur interdit-elle Airbnb ?
Non. Elle encadre davantage la location de meublés de tourisme et donne aux communes les moyens de la limiter là où les logements manquent, mais elle ne l'interdit pas.
Les nouveaux abattements s'appliquent-ils dès ma déclaration de 2026 ?
Oui : ils concernent les loyers perçus depuis le 1er janvier 2025, déclarés au printemps 2026.
Ma résidence principale est-elle concernée par le DPE ?
Non, l'exigence de performance énergétique ne s'applique pas à la résidence principale du loueur. Le plafond de 120 jours, ou de 90 jours selon la commune, s'applique en revanche.
Que faire tant que le téléservice national n'est pas ouvert ?
Continuer à appliquer la procédure de votre commune : enregistrement en ligne là où il existe, déclaration en mairie par le cerfa n° 14004 ailleurs.
Sources, vérifiées le 6 octobre 2026
- Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale.
- Code du tourisme, articles L324-1-1 (version en vigueur au 20 mai 2026) et L324-2-2.
- ANIL, analyse juridique de la loi du 19 novembre 2024.
- Direction générale des entreprises, page « L'API meublés », mise à jour le 23 juillet 2026.
- impots.gouv.fr et service-public.gouv.fr, nouvelles règles des locations touristiques en 2025.