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Rentabilité

Courte durée ou location à l'année ?

Louer à la nuit rapporte plus par nuit, mais pas forcément plus à la fin de l'année. Entre les frais, le temps passé, la fiscalité et les nouvelles règles de la loi Le Meur, la location à l'année redevient souvent compétitive. Voici comment comparer les deux, avec un exemple chiffré à adapter à votre logement.

La réponse en bref

  • La courte durée peut rapporter davantage en brut, si le logement est bien placé et très occupé, mais elle coûte plus cher à exploiter et demande beaucoup de temps.
  • La location à l'année rapporte moins par mois, mais régulièrement, avec peu de frais et peu de temps.
  • Depuis 2025, la fiscalité de la courte durée non classée est moins favorable que celle d'une location meublée à l'année, et les règles se durcissent.
  • Le bon calcul compare les revenus nets annuels, après frais et impôts, et le temps que vous y consacrez.

Les grandes différences

Courte duréeLocation à l'année
RevenuÉlevé par nuit, variable selon la saison et l'occupationLoyer mensuel régulier
Frais d'exploitationPlateformes, ménage, linge, énergie, internet, consommables, usureFaibles : le locataire paie ses consommations
Temps à y consacrerImportant : messages, arrivées, ménage, avisFaible, surtout à l'entrée et à la sortie du locataire
RèglesDéclaration, changement d'usage, plafond de jours, DPE, copropriétéBail encadré par la loi de 1989, encadrement des loyers dans certaines villes
Risques principauxSaison creuse, nouvelle réglementation, dégradationsImpayés, vacance entre deux locataires
Usage du logementVous pouvez en profiter entre deux séjoursLe logement est occupé par le locataire

Un exemple chiffré

Prenons un deux-pièces meublé dans une ville moyenne. Les chiffres ci-dessous sont des hypothèses d'illustration : remplacez-les par les prix et les loyers de votre quartier.

Par anCourte durée, gérée soi-mêmeCourte durée, avec conciergerieLocation meublée à l'année
Recettes13 500 € (180 nuits à 75 €)13 500 €7 800 € (650 € × 12)
Vacanceincluse dans le taux d'occupationincluse− 650 € (un mois)
Commissions− 2 025 € (plateformes, 15 %)− 2 025 € et − 2 700 € (conciergerie, 20 %)—
Ménage et linge− 2 400 €− 2 400 €—
Énergie, internet, consommables− 2 400 €− 2 400 €— (payés par le locataire)
Assurance loyers impayés——− 230 € (3 %)
Net avant impôts et charges communes6 675 €3 975 €6 920 €

Dans cet exemple, la courte durée gérée soi-même rapporte à peu près autant que la location à l'année, pour beaucoup plus de travail. Avec une conciergerie, elle rapporte nettement moins. L'écart s'inverse si le logement est très demandé : avec 250 nuits à 90 €, les recettes passent à 22 500 €.

Taxe foncière, charges de copropriété non récupérables, assurance du propriétaire et crédit sont les mêmes dans les deux cas : nous ne les avons pas comptés. Les frais de ménage sont parfois payés par les voyageurs à travers l'annonce, ce qui augmente d'autant les recettes : comparez à périmètre égal.

La fiscalité penche vers la location à l'année

Au régime micro-BIC, depuis les revenus 2025 :

  • meublé de tourisme non classé : abattement de 30 %, jusqu'à 15 000 € de recettes ;
  • meublé de tourisme classé : 50 %, jusqu'à 77 700 € ;
  • location meublée à l'année : 50 %, avec un plafond de recettes plus élevé.

Avec 12 000 € de recettes, un meublé de tourisme non classé est imposé sur 8 400 €, une location meublée à l'année sur 6 000 €. Au-delà de 23 000 € de recettes de meublé de tourisme, s'ajoutent les cotisations sociales. Le détail : les impôts de la location courte durée.

Les règles se durcissent pour la courte durée

La loi Le Meur a renforcé les contraintes de la location touristique : enregistrement national, autorisation de changement d'usage dans de plus en plus de communes, quotas, plafond de 90 jours possible pour une résidence principale, interdiction votée plus facilement en copropriété, et DPE classé de A à D pour tous les meublés de tourisme en 2034.

La location à l'année a aussi ses exigences : un logement classé G n'est plus décent depuis 2025, un logement F ne le sera plus en 2028 et un E en 2034. Mais elle n'est pas exposée au risque qu'une commune limite ou interdise la location touristique dans votre quartier.

Le temps, le vrai coût caché

Une location à la nuit, c'est des dizaines de séjours par an : autant d'échanges de messages, d'arrivées, de ménages, de lessives et d'avis à gérer. Comptez quelques heures par séjour si vous faites tout vous-même. Une location à l'année demande surtout du temps au départ : trouver le locataire, rédiger le bail, faire l'état des lieux, puis un suivi mensuel des loyers.

Comment choisir ?

La courte durée reste intéressante si :

  • le logement est dans une zone très touristique, avec un fort taux d'occupation toute l'année ;
  • vous habitez à proximité, ou vous avez une conciergerie fiable et des prix qui la rentabilisent ;
  • votre commune ne la restreint pas, et votre copropriété l'autorise ;
  • vous voulez profiter du logement une partie de l'année.

La location à l'année est souvent préférable si :

  • l'occupation touristique est saisonnière ou incertaine ;
  • vous manquez de temps ou habitez loin ;
  • votre commune a instauré le changement d'usage, des quotas ou un plafond de 90 jours ;
  • vous cherchez un revenu régulier et prévisible.

Une solution mixte existe aussi : la location meublée à l'année à des étudiants pendant l'année universitaire, avec un bail de neuf mois, et la location touristique l'été, si les règles de votre commune le permettent.

Vous penchez pour l'année ? Les étapes, une par une : passer à la location à l'année.

Questions fréquentes

Airbnb rapporte-t-il vraiment plus qu'une location classique ?

En brut, souvent. En net, après les commissions, le ménage, l'énergie, la conciergerie éventuelle et les impôts, l'écart est beaucoup plus faible, et il peut s'inverser hors des zones très touristiques.

Quel taux d'occupation faut-il pour que la courte durée soit rentable ?

Cela dépend du prix par nuit et du loyer que vous obtiendriez à l'année. Calculez le nombre de nuits nécessaires pour égaler le revenu net d'une location à l'année : c'est votre seuil.

Peut-on alterner courte durée et location à l'année ?

Oui, par exemple avec un bail étudiant de neuf mois et une location touristique l'été, sous réserve des règles de votre commune et de votre copropriété.

Sources, vérifiées le 7 octobre 2026

  • impots.gouv.fr, régime fiscal des locations meublées de tourisme (revenus 2025).
  • Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 ; ANIL, analyse juridique.
  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 6 (décence et performance énergétique).