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Fiscalité

Impôts et location courte durée : comment déclarer ses revenus

Les revenus d'une location sur Airbnb, Booking ou Abritel se déclarent aux impôts, même pour quelques week-ends par an. Ce sont des bénéfices industriels et commerciaux : micro-BIC ou régime réel, cases à remplir, prélèvements et cotisations sociales. Voici comment les déclarer, avec les règles en vigueur depuis les revenus 2025.

La réponse en bref

  • Meublé non classé : micro-BIC jusqu'à 15 000 € de recettes, abattement de 30 %, case 5NH de la déclaration 2042-C-PRO.
  • Meublé classé : micro-BIC jusqu'à 77 700 €, abattement de 50 %, case 5NG.
  • Régime réel : sur option, ou obligatoire au-delà des seuils deux années de suite ; on déduit les charges réelles et l'amortissement du bien.
  • Au-delà de 23 000 € de recettes par an : cotisations sociales et immatriculation obligatoires.

Faut-il déclarer les revenus d'Airbnb ?

Oui. Toute location meublée, même occasionnelle, génère des revenus imposables. Les plateformes transmettent d'ailleurs chaque année à l'administration fiscale les sommes perçues par leurs loueurs. Les seules exceptions concernent la location d'une partie de votre propre résidence principale, sous conditions : à un locataire qui en fait sa résidence principale, ou pour moins de 760 € de recettes par an.

Ces revenus relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers. Avant la première location, il faut aussi immatriculer l'activité pour obtenir un numéro SIRET, sur le guichet unique des formalités des entreprises.

Le micro-BIC : le régime simple

Au micro-BIC, vous déclarez vos recettes brutes, sans détailler vos charges : l'administration applique un abattement forfaitaire et vous imposez le reste. Depuis les revenus 2025, avec la loi Le Meur :

Type de logementAbattementRecettes maximalesCase (déclarant 1 / 2)
Meublé de tourisme non classé30 %15 000 €5NH / 5OH
Meublé de tourisme classé50 %77 700 €5NG / 5OG

Exemple : 10 000 € de recettes d'un meublé non classé donnent 7 000 € de revenu imposable, ajouté à vos autres revenus et soumis aux prélèvements sociaux. Le même logement classé ne serait imposé que sur 5 000 € : voir le classement en meublé de tourisme. Le détail des seuils : le micro-BIC du meublé de tourisme.

Le régime réel : souvent plus avantageux

Au régime réel, vous déduisez vos charges réelles au lieu de l'abattement forfaitaire : frais de plateforme et de conciergerie, ménage, linge, énergie, assurance, intérêts d'emprunt, taxe foncière, travaux, et surtout l'amortissement du logement et du mobilier. Il est souvent possible, ainsi, de réduire fortement le bénéfice imposable pendant plusieurs années.

  • Sur option, même sous les seuils du micro-BIC.
  • Obligatoire quand les recettes dépassent le seuil du micro-BIC deux années consécutives.
  • Formalités : une liasse fiscale n° 2031 à déposer en ligne avant le deuxième jour ouvré de mai, et une comptabilité tenue selon les règles fiscales. Beaucoup de loueurs passent par un expert-comptable.

Attention à la revente : depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits au régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable, ce qui réduit l'avantage pour un logement revendu.

Prélèvements sociaux ou cotisations sociales ?

Tant que vos recettes de meublé de tourisme ne dépassent pas 23 000 € par an, votre bénéfice supporte seulement les prélèvements sociaux, comme un revenu du patrimoine. Au-delà de 23 000 €, la location devient une activité professionnelle au regard de la sécurité sociale :

  • meublé non classé : affiliation au régime des travailleurs indépendants ;
  • meublé classé : choix entre le régime des travailleurs indépendants et le régime micro-entrepreneur, si les recettes restent dans les limites de ce dernier.

Il faut alors s'immatriculer, si ce n'est pas déjà fait, sur le guichet unique des formalités des entreprises.

LMNP ou LMP ?

Vous êtes loueur en meublé non professionnel (LMNP), le cas le plus courant, sauf si vos recettes de location meublée dépassent 23 000 € par an et dépassent aussi les autres revenus d'activité de votre foyer. Vous devenez alors loueur en meublé professionnel (LMP), avec des règles différentes pour les déficits, les plus-values et l'impôt sur la fortune immobilière.

Et la taxe de séjour ?

La taxe de séjour n'est pas un impôt sur vos revenus : elle est payée par les voyageurs, et vous ou la plateforme la reversez à la commune. Elle ne fait pas partie de vos recettes imposables. Voir la taxe de séjour.

Questions fréquentes

Faut-il déclarer les frais de ménage payés par les voyageurs ?

Oui, les recettes comprennent tout ce que paient les voyageurs pour le séjour, frais de ménage compris, hors taxe de séjour. La commission de la plateforme ou de la conciergerie ne se retranche pas au micro-BIC : elle est censée être couverte par l'abattement.

Quelle case pour un meublé de tourisme non classé ?

La case 5NH de la déclaration 2042-C-PRO pour le premier déclarant, 5OH pour le second, au micro-BIC.

Que se passe-t-il si je dépasse 15 000 € une année ?

Le passage au régime réel n'est obligatoire qu'après deux années consécutives de dépassement. Vous pouvez aussi faire classer votre logement, ce qui porte le seuil à 77 700 €.

La plateforme déclare-t-elle mes revenus à ma place ?

Non. Elle transmet les montants à l'administration fiscale, mais c'est à vous de les déclarer dans votre déclaration de revenus.

Sources, vérifiées le 7 octobre 2026

  • impots.gouv.fr, « Je suis propriétaire d'une location meublée de tourisme. Quel est le nouveau régime fiscal ? », mis à jour le 6 juillet 2026.
  • service-public.gouv.fr, cotisations sociales des locations meublées, vérifié le 20 février 2026.
  • Code général des impôts, articles 50-0 (micro-BIC) et 155 (loueur en meublé professionnel).